Devenir voyant, même sans don ?

>>  mardi 25 juin 2013

Qui peut devenir voyant ou voyante? Un don de clairvoyance est-il obligatoire pour travailler en tant que médium dans les réseaux audiotel ou par téléphone?

Ce n'est pas exactement une première mondiale, car plusieurs investigateurs se sont déjà fait passer pour des voyants dans le but de tester les exigences de ces réseaux, mais l'expérience a récemment été tentée de nouveau par une journaliste canadienne, qui a rapidement été embauchée comme voyante alors qu'elle déclarait elle-même n'avoir absolument aucun don paranormal.

Dans le cadre d'un dossier d'enquête sur le monde de la voyance qui a été publié dans le journal La Presse (Québec), la journaliste Michèle Ouimet a voulu se faire passer pour une clairvoyante afin de tester les exigences d'embauche d'un des plus grands réseaux locaux.


En guise de préparation, la journaliste - qui ne connaissait strictement rien au tarot divinatoire, pas même le nom des lames - a rencontré une tireuse de cartes pour suivre un cours de 90 minutes. Elle a ensuite contacté le réseau de médiums pour soumettre sa candidature en tant que voyante.

Un entretien de dix minutes par téléphone, qui consistait à tirer les cartes pour la personne responsable des embauches, a permis à la journaliste d'intégrer le réseau, dans lequel elle a commencé à travailler dès le lendemain.

Jouant le jeu jusqu'au bout, Michèle Ouimet a vraiment donné (simulé) des consultations avec un jeu du tarot de Marseille dont elle ignorait presque tout. Et, selon les dires du patron du réseau, les clients ayant fait affaires avec elle semblent avoir été satisfaits... en tout cas, aucune plainte n'a été déposée contre elle. Mais est-ce vraiment un critère pour juger de la satisfaction de la clientèle?

En guise d'épilogue, le patron du réseau de voyants a déclaré que les clients qui ont eu une consultation avec la «fausse voyante» ont été remboursés, information qui n'a d'ailleurs pas pu être vérifiée.

La situation en France est-elle similaire? Il y a des raisons de le penser. En fait, un reportage de l'émission «Envoyé spécial» a montré, il y a quelques années, qu'un des plus grands réseaux français faisait de la sous-traitance grâce à un «call center» localisé en Tunisie. Poussant l'enquête plus loin, en caméra cachée, on a pu voir que la seule véritable exigence pour se faire embaucher dans cette filiale tunisienne était de savoir très bien parler le français, car la clientèle était située dans l'Hexagone.

Bien évidemment, le fait que les personnes qui travaillent en tant que voyants dans ces réseaux n'aient pas nécessairement de don ne signifie pas que tous ces gens sont des imposteurs. Et cela signifie encore moins que la véritable voyance n'existe pas. Le fait que la qualité des consultations dans ces réseaux est, disons, «variable» est d'ailleurs un secret de Polichinelle parmi les voyants reconnus pour leur sérieux et les connaisseurs avertis qui ne consultent que des médiums réputés.

Voyez tous les détails de cette enquête canadienne dans le site du journal La Presse, à l'adresse http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/michele-ouimet/201304/18/01-4642053-devenir-voyante-en-deux-heures.php.



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